au programme de la journée scientifique du 27 mars

Publié le par sylvie b

« Importance des représentations sensorimotrices dans le développement d’une motricité harmonieuse et efficace »

Christine ASSAIANTE.  Directrice de Recherche au CNRS, je dirige une équipe intitulée Neurodéveloppement de la cognition motrice et sociale, au Laboratoire de Neurosciences Cognitives à Marseille.

Le développement sensorimoteur depuis le bébé jusqu’au jeune adulte constitue le fil conducteur de mes recherches dans le champ des neurosciences cognitives. Une des caractéristiques essentielles de la motricité est d’assurer dès la naissance le dialogue entre l’individu et son environnement. Cette interaction est possible grâce à un couplage fonctionnel qui est réalisé entre l’environnement perçu, aussi bien physique que social, et l’action engagée pour agir sur cet environnement. C’est précisément ce couplage perception-action précoce, sous-tendu par le système des neurones miroir, activé aussi bien quand le sujet exécute une action lui-même que quand il voit la même action être exécutée par une autre personne, qui constitue le socle des représentations sensorimotrices indispensables pour développer une motricité harmonieuse et adaptée.

Etudier le développement sensorimoteur nécessite d’étudier le développement cérébral car les caractéristiques de notre corps et de nos actions sur le monde sont représentées dans notre cerveau. Cette longue maturation cérébrale est nourrie par une longue période d’apprentissages sensorimoteurs qui repose sur des périodes clés comme la petite enfance, l’enfance, l’adolescence avant de parvenir à la période adulte. Mes études ont pour but de comprendre, à ces différentes périodes déterminantes de l’ontogénèse, les liens qui unissent les capacités à anticiper et à apprendre avec le développement des représentations cérébrales.

Cette ligne de recherche représente un enjeu capital pour comprendre les troubles neurodéveloppementaux et notamment les troubles des apprentissages. Il s’agit de savoir, par exemple, si le déficit des performances motrices repérées chez les enfants avec des troubles des apprentissages peut être relié à une modification de la connectivité cérébrale. Pour mener à bien mes recherches j’ai recours à des enregistrements cérébraux (EEG ; IRMf) et comportementaux (cinématique, EMG) à partir de protocoles perceptivo-moteurs élaborés autour des capacités à anticiper et à apprendre. J’ai également mis au point des tests perceptifs et des protocoles d’imagerie motrice, destinés à explorer la qualité des représentations sensorimotrices, au cours du développement typique et atypique, exportables hors du laboratoire ou de l’hôpital et adaptables depuis la petite enfance jusqu’aux jeunes adultes.

 

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